Journal personnel

SI J’ÉTAIS UN ARBRE !

Si j’étais un arbre, je serais celui qu’on remarque au détour d’un sentier, celui qui porte en lui l’histoire des saisons, des tempêtes, et des jours ensoleillés.

 
INTRO :

 
Depuis mes randonnées en forêt, j’ai pris pour habitude de m’arrêter, d’observer les arbres et d’imaginer leur histoire. En regardant leurs formes et leurs courbes, j’ai parfois l’impression qu’ils vivent, qu’ils portent des souvenirs, comme s’ils étaient des héros d’antan. Je me plais à analyser, et comprendre la provenance de leur cassures et de leur blessure. Imaginant pour eux une histoire, un âge, une vie, une vue et un avenir. À partir, des branches manquantes, des cicatrices, et des racines enracinées qui me rappellent certains visages familiers. Alors, un jour, je me suis demandé : et moi, à quoi ressemblerait mon arbre de vie ?
 
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La racine de mon passé
 
Si j’étais un arbre, j’aurais germé d’une graine enfouie profondément, solidement ancrée, avec des racines contournant mille cailloux pour pouvoir grandir. Je me nourrirai d’une terre fertile et vivante, imprégnée de cette « vitamine bonheur » essentielle.
 
Mon tronc, peut-être, serait divisé en deux, comme deux parties de moi-même : une petite pousse sectionnée, partagée entre la jeunesse effervescente et l’ancrage de l’expérience.
 
Mon tronc et mes branches, mes choix et mes réussites
 
Mon tronc porterait deux branches principales, symboles de mes dualités. Celle au nord, robuste et écorchée, soutiendrait une multitude de petites branches, mal organisées et marquées par le passage des tempêtes. Elles seraient pourtant revigorées par chacune de mes réussites, fières et dressées vers le ciel. Sur cette branche, les oiseaux viendraient bâtir leurs nids et s’abriter, y trouvant la force et la stabilité que je cherche à offrir. C’est dans ses nombreuses ramifications que résident mes apprentissages, mes mauvais choix et mes rebonds.
 
La seconde branche, plus délicate, croîtrait vers le sud. Elle serait épanouie, déliée, et bien garnie, s’étirant vers le soleil pour capter chaque nouvelle lumière. Là se trouveraient mes plus belles feuilles, celles qui m’oxygènent et m’apportent l’énergie d’aller de l’avant, d’assumer mes rêves et mes désirs. C’est ici que je laisse place à l’amoureuse que je suis, à mes élans spontanés, à cette force douce qui continue de grandir malgré les coups de vent.
 
 
 
Mes enfants, mes racines pour demain.
 
Sur cette même branche sud, j’imagine trois branches fortes et vigoureuses : mes enfants, mes trésors, mes poumons. Poussées proches les unes des autres, elles résisteraient aux bourrasques, solidement attachées à mon tronc, soutenues par l’amour qui les nourrit. À leurs côtés, une petite branche encore jeune et en pleine croissance : celle de la grand-mère que je suis devenue, une extension qui me relie déjà à l’avenir.
 
Une carrière en pleine éclosion
Dans l’ombre, sur le même tronc, une branche plus discrète a mis du temps à se stabiliser. Elle a connu quelques faux départs, hésitant avant de s’élancer, mais aujourd’hui, elle s’étire fièrement, parée de mille couleurs. Elle représente ma carrière, mes projets, et toutes ces aspirations qui continuent de m’animer.
Ma canopée et l’avenir
 
Si j’étais un arbre, de sa cime, on pourrait y voir au loin, les montagnes, celles que j’aime gravir dans mes temps libres.
 
On pourrait observer le mont Sainte-Anne de derrière, vue qui a animé mon enfance et qui me rend nostalgique. On peut aussi y voir un des plus beaux ciels bleus, le soleil qui vient tous les soirs se coucher sur mon superbe Fleuve Saint-Laurent.
 
Sous cet aperçu, si j’étais un arbre, j’aurais envie de vivre, de continuer à grandir, de revivre, de survivre et d’y mourir lorsque le vent soufflera si fort que tout deviendra trop fragile pour moi.
 
Si j’étais un arbre, je serais celui qui grandi près du saule et observé au loin, par le peuplier, et supporté sur un grand chêne droit.
 
Si j’étais un arbre à aujourd’hui, il danserait en harmonie face au vent.
 
MOI, arbre, j’aurais ma propre emprunte, mes propres courbes, mes propres formes et ces nouvelles cicatrices de brulures avec lequel, je n’aurais pas peur de vivre et d’être jugé.
 
Au contraire, si j’étais un arbre, elle me rendrait aussi unique, dans cette forêt, entouré de mes semblables et de ses différends. Je serais un de ceux qui l’on remarque, que l’on se souvient quand on est perdu en chemin.
 
Si j’étais un arbre, j’aurais des humains en train de constamment m’analyser, afin de comprendre la provenance de mes cicatrices et de mes blessure. Imaginant pour moi une histoire, un âge, une vie, une vue et un avenir.