CHRONIQUE D’UNE INSOMNIE CRÉATIVE
Quand 2 h 32 Devient le Début d’une Longue Journée.
Il est 2 h 32 du matin. Les yeux grands ouverts dans l’obscurité, tout est étrangement paisible… sauf mon esprit, en pleine ébullition, comme si mon cerveau avait décidé de faire une réunion de crise nocturne.
Tout a commencé par une envie pressante. En bon stratège, je décide de me lever avec un œil fermé, une technique de ninjas insomnieux pour rester à moitié endormi. Mission : traverser le couloir dans la pénombre, atteindre les toilettes, et retrouver mon lit sans déclencher l’alerte rouge du réveil complet. Mais au retour… cling ! Le sommeil s’est envolé, comme un artiste en pleine ovation debout.
Je m’allonge, et le défilé mental commence. À quoi pense-t-on à 2 h 35 quand on ne peut pas dormir ? Apparemment, à tout, même à des choses improbables. D’abord, c’est ma journée du lendemain : je visualise les projets en cours chez Madame Tremblay, la palette de couleurs pour les armoires de Monsieur Cloutier. Puis viennent les factures à payer, l’organisation de la fin de semaine, et hop, le cerveau carbure comme si j’avais bu trois expressos d’un coup.
Je prends mon téléphone, espérant que les réseaux sociaux m’offriront un peu de distraction. Facebook ? Que des portraits de famille en pleine séance photo dans un champ de citrouilles, un tutoriel sur la crème de courge de Ginette, et l’annonce du nouveau job de Steve. Je regarde qui est en ligne : personne de captivant, à part une vieille connaissance du primaire, un ami d’un ami rencontré une seule fois, et un ex… On a vu mieux pour se faire des confidences nocturnes.
Alors, direction Marketplace, juste pour me rappeler que je n’ai besoin de rien. Sauf peut-être de ce petit clic vers ma boutique préférée, et là, sans m’en rendre compte, me voilà avec un panier Amazon rempli de gadgets inutiles que je n’achèterai jamais. Je prends conscience de l’absurdité et me dis : stop. Cette nuit mérite un meilleur plan.
Je décide de profiter de l’aube imprévue. Douche, préparation du déjeuner, vêtements prêts. Il est 4 h 30, et tout est déjà bouclé. Une heure et demie avant mon réveil officiel, alors j’allume un épisode de ma série préférée. Puis, un second, histoire de combler le temps… soudain bip bip! Mon téléphone me réveille, un texto de mon collègue me rappelant que je suis en retard ! Ironie du sort : j’ai fini par m’assoupir… juste quinze minutes avant l’alarme, l’éteignant sans même m’en rendre compte, et me voilà, encore ensommeillé, obligé de courir pour sauver la matinée.
Les nuits blanches sont peut-être imprévisibles, mais elles ont cette capacité étonnante de transformer le banal en quête existentielle. Et parfois, elles nous offrent une matinée bien plus chaotique qu’on ne l’avait prévu.
Alors, suis-je la seule à me lancer dans une aventure nocturne ?
Vos trucs pour vous rendormir ?


